La question des caribous

Que se passe-t-il avec le caribou?

Le caribou est un animal emblématique du Canada et tous les Canadiens veulent être certains que toutes les mesures raisonnables sont prises pour le garder parmi nous pour les prochaines générations. Dans certaines parties du pays, les populations de caribous ont connu un gros déclin tandis que dans d’autres parties, elles survivent bien. Une combinaison de facteurs complexes contribuent à cette situation, y compris des activités naturelles et humaines ainsi que le changement climatique. Celui-ci entraîne des modifications de l’habitat du caribou et de la nourriture disponible, de nouveaux rapports prédateur/proie et une exposition à de nouveaux pathogènes et maladies.

Le gouvernement fédéral a chargé tous les gouvernements provinciaux du pays d’élaborer des plans pour assurer l’avenir du caribou boréal (caribou des bois) au Canada. Ces plans doivent être soumis au gouvernement fédéral d’ici octobre 2017. Dans les mois qui suivent, le gouvernement fédéral examinera ces plans provinciaux de gestion du caribou boréal pour déterminer s’ils traitent suffisamment les problèmes qui affectent actuellement le caribou.

Le secteur des produits forestiers du Canada se trouve dans une position unique de pouvoir contribuer à la solution de ces problèmes. Pendant que nos forestiers et biologistes travaillent dans les forêts du Canada, ils gèrent activement les forêts, les récoltes et la plantation d’arbres en tenant compte des essences et écosystèmes locaux. Durant l’élaboration ou la révision des plans provinciaux de gestion du caribou, nous partageons avec tous les gouvernements du pays les résultats de notre recherche et notre expérience dans les forêts canadiennes. Nous collaborons également de près avec les gouvernements municipaux, les dirigeants communautaires, nos partenaires environnementaux et les communautés autochtones qui possèdent de vastes connaissances traditionnelles sur le caribou.

Il s’agit d’une question très problématique, compte tenu de tous les facteurs en jeu.

Malgré nos meilleurs efforts, nous nous inquiétons du fait que le gouvernement fédéral et certains gouvernements provinciaux sont plus intéressés à rédiger rapidement leur plan qu’à le faire correctement. 

Si les gouvernements n’utilisent pas les données scientifiques les plus à jour et ne tiennent pas compte de tous les facteurs dans leurs plans, y compris le problème du changement climatique, ces plans auront peu de chance d’aider les populations déclinantes de caribous et pourraient avoir des répercussions sur des milliers d’emplois dans des centaines de collectivités rurales et nordiques du Canada – des collectivités qui dépendent de ces emplois pour que leurs villes restent fortes et dynamiques. Des plans mal conçus priveront également des communautés autochtones de possibilités de développement socio-économique irremplaçables.

Ceci réduirait également de façon importante la capacité du secteur de contribuer à l’atténuation du changement climatique à l’aide de pratiques de gestion forestière, de l’utilisation d’énergie verte et de la séquestration du carbone dans les produits forestiers.

Le Canada doit faire attention de ne pas répéter l’erreur de la chouette tachetée. Vers la fin des années 1980, on a assumé que la chouette tachetée était en danger de disparaître parce que son habitat principal – les forêts anciennes – était menacé par les activités forestières. La coupe d’arbres fut interdite sur des millions d’acres de la côte ouest des États-Unis. Des milliers d’emplois de l’industrie forestière furent perdus et plusieurs collectivités devinrent des villes fantômes. Les populations de chouettes tachetées continuèrent quand même de décliner et on s’aperçut plus tard que la chouette tachetée était déplacée par sa plus grosse cousine – la chouette rayée.

Le secteur des produits forestiers du Canada

Le secteur des produits forestiers du Canada déclare fièrement qu’il emploie la main-d’œuvre la plus écologique au Canada. Notre secteur doit respecter certains des règlements et des lois sur les forêts, au palier provincial et fédéral, parmi les plus stricts dans le monde. Notre secteur dépense des millions de dollars chaque année pour élaborer des plans de gestion forestière qui appuient la biodiversité, les écosystèmes locaux et la recherche sur les forêts, faisant de nous des chefs de file mondiaux en ce qui concerne la durabilité de nos pratiques.

Parce que le Canada est reconnu pour la gestion de ses écosystèmes locaux, la gestion à l’échelle nationale du plus grand nombre de forêts certifiées et auditées au monde et la régénération de chaque hectare récolté, il est une source fiable de produits forestiers légaux et durables.

Le secteur forestier du Canada emploie directement plus de 230 000 Canadiens et indirectement plus de 700 000 autres Canadiens; il est la pierre angulaire sur laquelle repose l’économie de plus de 600 collectivités canadiennes.

Préoccupations soulevées par la démarche du gouvernement fédéral

Deux points nous préoccupent en particulier concernant la démarche actuelle du gouvernement fédéral relativement au rétablissement du caribou :

On n’utilise pas les meilleures données scientifiques disponibles et on accorde peu sinon aucune attention aux répercussions du changement climatique

Depuis 2011, le gouvernement fédéral fait référence à un seuil de non-perturbation/perturbation comme modèle pour l’élaboration de plans de gestion du caribou. En gros, le modèle vise à maintenir 65 % de l’habitat dans un état non perturbé dans tous les territoires abritant des populations de caribous. Nous croyons que les données sur lesquelles repose ce modèle sont incorrectes.

  • Aucun contexte régional : Le seuil de 65 % se fonde sur des formules scientifiques qui datent de plus de six ans et qui ne tiennent pas compte des recherches les plus récentes sur d’autres facteurs qui influent sur différentes régions.
  • Démarche générique : Le modèle passe outre aux conditions locales uniques et aux variables du paysage national diversifié du Canada.
  • Environnement forestier changeant : Le modèle ne tient pas compte des tendances liées au     changement climatique qui affectent le caribou et d’autres espèces, y compris la présence de prédateurs, le déplacement vers le nord et le fait que nous vivons dans un environnement qui évolue constamment.
  • Modèle axé sur les perturbations : Le modèle met l’accent sur les perturbations naturelles et humaines et ne tient pas compte des facteurs non associés à ces perturbations, comme les modifications de l’habitat causées par le changement climatique, les conditions alimentaires du caribou, les rapports prédateur/proie et la présence de pathogènes et de maladies.

Nous apprécions la déclaration du gouvernement fédéral qu’il est prêt à examiner de nouvelles données scientifiques et à faire preuve de souplesse au sujet du modèle 65/35 mais nous avons remarqué que certains gouvernements provinciaux interprètent bien différemment l’orientation du gouvernement fédéral.

Il est essentiel que les plans de gestion du caribou se fondent sur les données scientifiques les plus complètes et à jour concernant les conditions locales uniques et les répercussions du changement climatique qui contribuent au déclin des populations du caribou. De plus, dans les endroits où des plans de gestion du caribou sont en place depuis plusieurs années, une évaluation approfondie des résultats des mesures adoptées devrait être réalisée avant d’annuler toutes ces mesures pour recommencer à zéro.

Bien que des perturbations industrielles n’aient pas lieu dans des zones protégées (comme Jasper et Banff), il y a d’autres facteurs qui contribuent au déclin des populations de caribous (et à la disparition du troupeau de Banff). On retrouve des exemples de ce genre dans d’autres régions du Canada (comme au Labrador) qui connaissent relativement peu de perturbations mais font face à un déclin des populations. Les « perturbations » ne sont pas les seuls coupables.

Aucune demande explicite d’analyse des répercussions socio-économiques

Bien qu’il soit essentiel d’utiliser les meilleures données scientifiques, nous devons également comprendre comment toute décision gouvernementale peut influer sur les collectivités locales et les familles qui dépendent des emplois en foresterie et dans le secteur des ressources naturelles. Il faut aussi évaluer les conséquences de toute décision gouvernementale sur la capacité des communautés autochtones de retirer des bienfaits socio-économiques des forêts où elles demeurent.

En examinant les premières ébauches de plans, nous nous inquiétons du fait que des milliers d’emplois pourraient être menacés dans des collectivités allant de la Colombie-Britannique à Terre-Neuve-et-Labrador.

Nous demandons au gouvernement fédéral de s’engager à réaliser une analyse des répercussions socio-économiques pour chaque région touchée dans le pays, avant que toute décision finale soit prise et de tenir compte de toute une gamme de facteurs qui peuvent affecter les populations de caribous. De plus, le gouvernement fédéral a besoin d’être extrêmement clair concernant la façon dont les entreprises forestières, les collectivités, les groupes des Premières Nations et les autres parties intéressées ou touchées pourront fournir leurs opinions importantes sur les décisions proposées avant qu’elles ne soient finalisées.

Un meilleur moyen

Nous devons continuer de collaborer pour assurer l’avenir du caribou au Canada.

Nous nous engageons à continuer à collaborer avec les gouvernements et nos partenaires dans les collectivités autochtones et les municipalités ainsi qu’avec les groupes environnementaux et communautaires pour veiller à ce que les meilleures données scientifiques et les meilleurs renseignements disponibles soient utilisés dans l’élaboration de plans pour desservir le mieux possible les populations de caribous et les collectivités rurales et nordiques.

Nous sommes également prêts à partager notre expérience pour élaborer des modèles afin d’appuyer l’analyse gouvernementale des répercussions socio-économiques des politiques de gestion du caribou.

À long terme, le secteur des produits forestiers aimerait que les gouvernements adoptent une démarche axée sur l’écosystème et des espèces multiples pour assurer la biodiversité dans nos forêts, plutôt que la démarche actuelle inefficace et inefficiente qui tient compte d’espèces individuelles.

Mais pour l’instant, concentrons-nous sur une élaboration de plans bien conçus pour la gestion du caribou.

Joignez-vous à des milliers de Canadiens etinformez dès maintenant votre député que vous croyez que nous avons besoin d’unmeilleur plan d’aide au caribou.

L’enjeu est trop important pour mettre en œuvre des plans hâtifs qui ne fonctionneront pas et qui porteront préjudice àl’économie locale. Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer dès maintenant une lettre à vos représentants pour leur dire que vous soutenez le bon plan d’aide au caribou qui veillera également à ce que notre industrieforestière reste forte.

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